Interview

-Jeni, comment se fait-il que tu aimes tellement parler français?

C¹est parce que j¹ai grandi au Nouveau Mexique: mon oreille était déjà exercée à l¹espagnol, et surtout, ma soeur avait choisi le français comme langue principale, à l¹école. Et quand elle rentrait à la maison et qu¹elle parlait français, je trouvais ça vraiment très beau, et en plus, c¹était vraiment différent de l¹environnement mexicain dans lequel on évoluait.

-Et comment tu t¹y es mise, au français?

Ma première phrase en français m¹a été enseignée par ma soeur; comme c¹était ma soeur aînée, elle pouvait se permettre de jouer à la maîtresse! Elle a exigé que j¹apprenne une phrase et me l¹a fait répéter sans arrêt. Néanmoins, elle ne m¹en avait pas traduit le sensŠ Finalement, j¹ai appris que je répétais docilement: "Ma soeur, c¹est la meilleure, et elle est très jolie"! Par la suite, j¹ai pris des cours de français à l¹école et au lycée. Désormais, et jusqu¹à ce que je puisse vivre dans un pays francophone et parler le français couramment, la meilleure chose que je puisse faire est de continuer d¹apprendre avec mes cassettes de langue dans la voiture!

-Un souvenir particulier dans l¹un de nos pays francophones?

En Belgique, on visitait une église et ils ont demandé aux visiteurs de se présenter et j¹ai désigné mon mari en disant: "C¹est mon épouse!" Tout le monde a ri, et c¹est seulement après la réunion que j¹ai osé demander ce que j¹avais dit! Maintenant, je sais qu¹on dit: "Mon mari"!

Un autre souvenir: J¹ai appris le mot "mélange" lors d¹un autre moment embarrassant: Rory et moi avions une leçon de français en privé et notre professeur s¹est mis à rire aux larmes en se tordant les côtes, car j¹étais en train de lui dire quelque chose comme "mon mari change mes langes" (mélangeŠ) Vous comprenez?!

-Est-ce que "Mélange" n¹est pas justement le nom de ton nouvel album?

Oui; comme nous faisons régulièrement des tournées en Europe, on s¹est dit qu¹il fallait rejoindre un peu les "attentes" et les goûts des francophones. Et je voulais faire un album avec des chansons en français; j¹ai donc choisi plusieurs anciennes chansons et quelques nouvelles, en français et en anglais. Même si c¹est toujours "moi", ce CD a des couleurs et des styles différents, comme, la chanson qui s¹appelle "The perfect sky"; je l¹ai écrite pour un film indépendant dans lequel je jouais également. Et puisque cette chanson avait été écrite pour un film, elle était un peu différente du reste. Avec tout cela, nous avons donc obtenu un "mélange" de chansons. Le titre est vite devenu très "évident"Š

-À quand un nouvel album?

Actuellement, nous sommes en tractation avec une maison de disques française pour éventuellement produire un album entier en français!

-Alors si tu fais un CD en français, il y a des chances qu¹on te voit plus souvent dans les pays francophones?!

Oui, je l¹espère! Ça fait partie de mes projets.

-Des chanteurs francophones, tu en connais quelques-uns?

Oui, et mes goûts sont plutôt éclectiques! Ça va de Kyo en passant par Alizée, Laam et Mylène Farmer! J¹aime aussi Edith Piaf, Mamguz, Judith Bérard, par exemple! Et puis, bien sûr, Céline Dion qui est l¹une des seules artistes francophones dont on peut trouver les CD aux Etats-Unis...

-Tu pourrais nous expliquer un peu comment tu as commencé la musique?

Avec ma soeur, on chantait dans la chorale de l¹église; c¹est comme ça que j¹ai commencé la musique, parce qu¹elle faisait partie intégrante des activités religieuses. Mais en même temps, je ne me considérais pas comme une musicienne. J¹ai pris des leçons de piano quand j¹étais encore à l¹école, mais je ne joue pas bien, parce que je ne pratique pas beaucoup. A l¹école, j¹ai aussi pris des leçons de chant mais à l¹époque, je ne disais pas: "Oh, la musique, c¹est toute ma vie!" comme c¹est le cas de certaines personnes. J¹aimais faire plein d¹autres choses et puis je ne viens pas d¹une famille particulièrement musicienne.

- Et tes premières chansons?

-En fait, tout a commencé au lycée. Je faisais partie des cheerleaders (vous savez, les pom-pom girls qui encouragent les équipes sportives) et les "cheers", les encouragements que l¹on écrivait, ça ressemblait pas mal à des chansons, même si on ne faisait que les crier: "Allez, allez! l¹équipe! Allez!" Il faut que ça rime, il faut que ça fasse tant de mesures, il faut détacher les syllabes: oui, c¹est vraiment comme écrire une chanson. On ne chante pas vraiment, ça n¹a pas de mélodie, mais il faut une certaine qualité de rythme et de paroles, même si le contenu ne varie pas beaucoup, c¹est vrai!Š Mais bref, un jour, à la radio, j¹ai entendu l¹interview d¹une chanteuse qui parlait des chansons qu¹elle écrivait. Moi, je savais que je voulais devenir une artiste et je me suis dit: "Waow! Peut-être que je devrais moi aussi écrire des chansons!" Alors, je me suis mise au travail et c¹est là que j¹ai découvert que le fait d¹avoir écrit des cheers m¹aidait à composer plus facilement. Maintenant, je m¹aperçois que plus j¹écris et mieux je compose et j¹espère m¹améliorer encore.

- J¹ai entendu parler d¹un aspect particulier de ta carrière; quelque chose qui s¹appelle "ChikChat", c¹est ça?

- Effectivement, l¹une des choses que je fais, à part chanter, c¹est qu¹avec mon équipe de management, nous proposons une sorte d¹atelier, de forum de discussion pour les adolescentes. Ça s¹appelle "ChikChat", ça n¹a rien à voir avec les chats sur Internet, c¹est un atelier dans lequel je m¹adresse à des filles entre 12 et 18 ans, où on parle de coiffure, de maquillage, de sortir avec les garçons, des relations amoureuses, de la chasteté avant le mariage, mais également de la lecture de la Bible, de la prière, d¹exercice physique, d¹alimentation: de parler de tous ces sujets avec des filles de ce groupe d¹âge. Je peux simplement leur partager mes points de vue, mes expériences et puis développer sur ce que je crois que la Bible nous enseigne sur ces sujets. On leur passe aussi des vidéos en rapport avec les différents sujets, ou on leur propose toutes sortes d¹activités; c¹est un atelier amusant où les filles ont du plaisir à venir.

Interview et traduction par: Christine Reymond, avec l¹aimable autorisation de l¹Association Radio Réveil, Suisse.


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